Du bitume vert en Wallonie ? Peut-être, mais pas tout de suite

Début juin de cette année, Pierre Eyben interpellait le bourgmestre de Liège à propos du bitume “vert”. Le conseiller communal proposait en effet d’utiliser des huiles végétales à base de déchets de résineux afin d’abandonner les granulats pétrolifères. Et ce, bien entendu, à des fins écologiques.

Une proposition qui a très vite intéressé le député wallon Ecolo, Olivier Bierin, qui, a interpellé Philippe Henry, vice-président du Gouvernement wallon et ministre wallon du Climat, de l’Énergie et de la Mobilité, à ce sujet.

“Cette technique de revêtement étant récente, il lui reste encore à démontrer sa résistance notamment en ville, où la circulation est dense. Elle a déjà été testée, notamment en France. À Liège, la résine a déjà été utilisée pour des voies piétonnes et cyclables. La Ville de Liège se dit ouverte à cette méthode, et pourquoi pas, à être l’objet d’une expérience pilote en Belgique”, indique le député qui s’interroge sur l’efficacité de ce revêtement.

Si la proposition du conseiller communal liégeois semble être une bonne manière pour la Région wallonne de diminuer la dépendance aux énergies fossiles dans le cadre de son réseau routier, il semble que le “bitume vert” tel qu’on le connaît maintenant ne soit pas assez fiable.

Trop dur et trop fragile

“Jusqu’à présent, le liant végétal n’a pas été utilisé en Belgique sur les routes régionales. Un chantier a cependant été réalisé en Campine sur une voirie communale, il y a plus de dix ans, avec un liant végétal breveté en 2004. Ce chantier n’a pas donné satisfaction”, explique Philippe Henry. En effet, le liant en résine serait plus dur que le bitume. Ce qui aurait conduit à de nombreuses fissurations du revêtement sur certaines sections. “La constance et la fiabilité du mélange n’étaient pas assurées. Le revêtement végétal a d’ailleurs été recouvert ensuite par un enduisage”, ajoute le ministre wallon.

Toutefois, en dix ans, des recherches ont été menées, certaines sont même toujours en cours. La Direction des Techniques routières du SPW Mobilité et Infrastructures, reste d’ailleurs attentive à celles-ci et aux mises en œuvre des produits, et recommandera, ou non, l’utilisation expérimentale de liants végétaux en Wallonie.

“En fonction des évolutions et des résultats des expériences, ce liant pourrait prendre place à terme dans le Cahier des Charges Type Qualiroutes”, ajoute le ministre de la Mobilité.

0 Partages