Grâce au bois local, des chalets sur pilotis à Herbeumont !



Acquis en 2018 par la famille Boreux, propriétaire de plusieurs établissements touristiques dans la région de Herbeumont (province de Luxembourg), le domaine de Waillimont est parsemé de bois et de pâtures sur plus de 15 ha. Plutôt que d’y développer une activité hôtelière classique, le maître d’ouvrage a choisi d’y implanter de l’habitat écologique et durable, en harmonie avec le contexte. Leur choix s’est porté sur des chalets de vacances – des lodges – zéro énergie en ossature bois sur pilotis. Un projet conçu en collaboration avec l’architecte Franck Nannan et l’entreprise Chimsco, qui a utilisé des essences locales et des isolants naturels.

Le nombre d’unités de logements a été volontairement limité à 14 afin de ne pas dénaturer les lieux. Chaque lodge est différent dans sa conception et son rapport à l’étang. Mais tous se présentent sous la forme de constructions légères en bois, de faible gabarit. « Il ne s’agissait pas de produire des lodges présentant une architecture pittoresque ou folklorique mais plutôt de créer une ambiance chaleureuse et intimiste en misant sur l’aspect ‘chalet’, tout en apportant une note contemporaine en travaillant sur des lignes épurées et une fluidité apportée par l’intégration d’une toiture plate sur une partie du projet », explique Franck Nannan, l’architecte bertrigeois du projet.

Des lodges sur pilotis

Chaque lodge de 60 m² est flanqué d’une terrasse en bois. La particularité de ces chalets est d’être construits sur pilotis, à la fois en bord d’étang et au-dessus de celui-ci. « Il a donc fallu gérer les contraintes liées à la situation partielle en zone inondable, au niveau technique et en matière de sécurité », reconnaît Franck Nannan. Un défi qui n’a pas fait peur à l’entreprise Chimsco, active depuis une vingtaine d’années dans la construction en (ossature) bois : « Nous sommes très efficaces pour ce type de travail car nous avons une longue expérience et quelques chantiers de référence dans ce domaine », affirme Xavier Michaux, directeur de Chimsco. Le défi a plutôt consisté dans une grande flexibilité à avoir pour, dans un délai très serré (1 an), coller au plus près aux demandes du maître d’ouvrage, qui n’était pas venu au départ avec un projet ‘clé sur porte’. Le projet et le chantier ont donc été adaptés en permanence.

Lodges et autres bâtiments

Pour l’architecte, cette situation en bord d’eau est un atout indéniable et permet «une intégration quasi parfaite des chalets avec l’étang et la nature environnante ». Il insiste également sur « le principe d’autarcie et d’individualité recherché : les constructions ont été conçues de façon autonome en matière de consommation et de gestion des eaux usées, de manière à limiter leur empreinte écologique sur le site. »

« Les autres bâtiments – local technique, abri pour les animaux, carport – s’inspirent de la même logique architecturale, les deux derniers présentent des gabarits plus importants en raison de leur destination », continue Franck Nannan. « L’abri pour animaux est situé dans une partie de la parcelle quasiment imperceptible depuis le domaine public, partiellement masqué par la présence d’un ancien merlon existant. Le volume carport est prévu sur deux niveaux en raison de la dénivellation importante de la parcelle à cet endroit et afin de limiter son emprise au sol. Ce volume est partiellement encastré dans le terrain naturel, ce qui en atténue sa perception volumétrique. »

Essences de bois locales et isolation naturelle

Le maître d’ouvrage avait la volonté d’employer des matériaux durables. Le bois s’est donc tout naturellement imposé. Xavier Michaux : « Chimsco adhère à la charte ‘Bois local’. La majeure partie des bois utilisés ici proviennent donc d’un rayon de 200 km autour notre siège de Ciney : épicéa pour l’ossature, mélèze pour le bardage extérieur, chêne pour la structure des terrasses et des supports, douglas pour la structure apparente de l’entrée avec toit plat et des abris pour barbecue. » A l’intérieur des lodges, les lambris sont en pin. Pour l’isolation, l’entreprise a utilisé deux matériaux naturels et fabriqués également en Belgique : de l’ouate de cellulose insufflée (Isoproc) pour les murs et les planchers et des panneaux en fibres d’herbe pour la toiture (Gramitherm).

Une préfabrication poussée

Les délais étant particulièrement serrés, la construction des chalets a nécessité un important travail de préfabrication. Xavier Michaux : « La force de la construction bois réside dans la préfabrication. Cette préfabrication était d’autant plus nécessaire que le lieu du chantier n’était pas facilement accessible, au milieu d’une forêt et à plus d’une heure de route de nos ateliers. Nous avons alors réalisé une préfabrication poussée et complète des murs, depuis le bardage extérieur jusqu’à la finition intérieure, en y intégrant les châssis et l’isolation. Les charpentes ont également été préfabriquées, ce qui nous a permis de gagner du temps… et d’ouvrir un nouvel atelier à Gedinne, plus près du chantier, dans un bâtiment appartenant à notre famille. » Une initiative qui a aussi permis de créer quelques emplois, ce qui est toujours une bonne nouvelle à partager !

Photos ISA Robert-NEFISAMO

Source: Ligne Bois



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