Un député Écolo dépose un recours alors que son parti est au pouvoir en Wallonie

Le Parti Socialiste (PS), le Mouvement Réformateur (MR) et Écolo forment la majorité parlementaire en Région Wallonne. Pourtant, l’un des députés du parti écologiste est tenu écarté d’un dossier sensible pour la région de Charleroi.

Le député wallon Écolo, Christophe Clersy, a déposé un recours auprès de la Commission d’accès aux documents administratifs. Il veut obtenir l’étude sur le projet d’implantation de l’usine de montage de véhicules électriques de la société chinoise Thunder Power sur l’ancien site de Caterpillar à Gosselies (Charleroi). Cette étude a été commandée par la Région Wallonne via la Société wallonne de Gestion et de Participations (SOGEPA) au cabinet Deloitte.

“Il est capital que nous ayons tous les éléments en main afin de pouvoir analyser les raisons qui ont poussé la Wallonie à miser sur Thunder Power. Davantage de transparence s’impose!” estime l’élu sur sa page Facebook officielle. Malgré plusieurs requêtes, l’écologiste n’a pu recevoir du Ministre Wallon de l’Économie, Willy Borsus (MR), le contenu de l’analyse au motif qu’y figurent des données propres à Thunder Power qui sont “confidentielles et sensibles”, ni le montant payé par la SOGEPA (NDLR. l’un des bras financier de la Région) pour cette mission de consultance.

“Quant à la SOGEPA, sollicitée également pour le même document, elle n’a tout simplement pas répondu au courrier qui lui a été adressé”

Inquiétude

Le député ne cache pas son inquiétude sur l’arrivée du constructeur chinois à Gosselies: “Au-delà du fait que Thunder Power a postposé de deux ans sa potentielle venue à Gosselies, j’ai récemment pu constater que depuis près d’un an, la page Facebook et le compte Twitter de la société n’étaient plus du tout mis à jour. C’est un nouvel élément qui n’est pas de nature à me rassurer”.

Pour Christophe Clersy, disposer des documents sollicités pourrait permettre “d’enfin avoir des réponses à nos questions et avancer sur ce projet ou, dans le cas contraire, rapidement nous tourner vers d’autres projets pour garantir un avenir durable au site de Caterpillar.”

Voyage en Chine

Lors d’une mission économique en Chine en novembre dernier, le directeur de Thunder Power, Wellen Sham, avait confirmé à Willy Borsus sa volonté d’assembler des voitures électriques sur l’ancien site de Caterpillar, avec un début de production en 2022.

Thunder Power avait annoncé en octobre 2018, en grandes pompes, son arrivée à Charleroi, en collaboration avec la SOGEPA, pour y assembler une voiture électrique citadine baptisée “Chloé”. Mais le constructeur s’était fait particulièrement discret depuis lors, faisant craindre à d’aucuns que le projet, potentiellement créateur de centaines d’emplois, ait du plomb dans l’aile.

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