De l’acier pour le TrinkHall Museum de Liège !



Bâtiment emblématique de la vie culturelle liégeoise, le TrinkHall renaît de ses cendres et se pare d’une étonnante enveloppe en polycarbonate alvéolaire, protégeant et mettant en valeur son contenu. Un bâtiment dans lequel l’acier, tout en restant discret, joue un rôle très important.

Après de longues années d’attente, le TrinkHall Museum, rénové et agrandi, trône désormais au cœur de la Cité Ardente, tel une lanterne opaline.

En quelques dates

1963 : construction d’un musée pavillonnaire conçu par Maurice Chalant, à l’architecture de type californienne caractérisée par un assortiment éclectique des matériaux. Fin des années ‘70 : abandon pour cause de délabrement. 1982 : l’asbl Créahm y installe un musée, un café et des ateliers pour artistes atteints de handicap mental. 2004 : amorce d’une réflexion quant à l’agrandissement du bâtiment et à sa rénovation en profondeur (due notamment à l’obsolescence technique de ses équipements). 2008 : le projet est attribué à l’Atelier d’architecture Beguin-Massart. 2017 : démarrage du chantier.

L’originalité du projet

La programmation du projet nécessitait de doubler la surface du bâtiment, passant de 830 à 1 800 m². « Nous voulions éviter d’envahir trop fortement le parc et d’avoir un bâtiment présentant des recoins, difficiles à gérer dans des espaces publics », expliquent les architectes Aloys Beguin et Brigitte Massart. « Nous souhaitions aussi proposer un bâtiment compact dans un but d’économie financière et énergétique. Mais il fallait en même temps lui donner une identité forte, en faire un repère urbain marquant. Il nous plaisait aussi de retrouver dans le nouveau bâtiment une réminiscence du premier pavillon ayant occupé ce site en 1880, le TrinkHall d’origine, lieu de divertissement à la mode germanique, une étonnante construction toute en fer et en verre, un petit ‘Crystal Palace’ liégeois, d’inspiration néo-mauresque. » La rénovation énergétique de l’enveloppe risquait de dénaturer le charme particulier du bâtiment. « Pour résoudre de façon homogène l’enveloppe de tous les espaces existants ou nouveaux, nous avons alors imaginé de mettre littéralement l’édifice existant sous une cloche unique qui les rassemble et les protège. »

La structure portante

Les architectes ont alors conçu une structure qui enjambe largement le bâtiment d’origine et l’entoure de coulisses périphériques mettant en relation toutes les fonctions, pour le plus grand bien de la vie du bâtiment. « La structure portante de cette enveloppe est une structure métallique, aussi bien pour porter la toiture que la façade », explique Valérie Benats, ingénieure de projets au sein du bureau d’études Greisch, qui a eu en charge une mission complète pour ce projet (stabilité, techniques spéciales, PEB). « La structure portante en toiture avait été prévue en poutres isostatiques mais elle a évolué vers une structure ‘gaufrée’ afin d’apporter un plus architectural. Cette structure est constituée d’un quadrillage de poutres métalliques permettant de porter sur des longueurs de l’ordre de 21 m, sans appui intermédiaire. Ces poutres sont des profilés reconstitués soudés en forme de T, très élancés, portés en façade par des tubes ronds métalliques, également très élancés, s’intégrant à la façade en polycarbonate. » La structure métallique, en acier S235, a été placée par l’Atelier de Construction Métallique des Plénesses, en sous-traitance de la société WUST. La structure portante a été protégée par une peinture intumescente, recouverte d’une peinture de finition garantissant une résistance au feu EI 60.

Façades et toiture

Aloys Beguin : « Rythmées par la trame des colonnes principales (en acier S355), les façades sont structurées par des galandages en tubes d’acier carrés de 80×80 mm qui filent horizontalement sur tout le périmètre du bâtiment. Ces tubes, fixés sur les colonnes de charpente, sont disposés tous les 1,70 m environ et servent de support pour la pose et la fixation des panneaux de polycarbonate alvéolaire. Une poutre de ceinture, constituée de tronçons assemblés, court sur le périmètre complet de la toiture végétalisée. Elle est réalisée en tôle de 5 mm d’épaisseur pliée en Z, avec des goussets de renfort dans les angles courbes : ce profil très particulier est boulonné sur les têtes de colonnes et forme le support de bordure de toiture. »

Les défis

« Le défi principal a été de tenir bon à tous niveaux sur la durée, entre 2008 et 2017, en raison de la difficulté à faire aboutir le financement du projet », se souvient Aloys Beguin. « Nous avons dû entretenir la conviction sur le projet et rallier les différents protagonistes. Et le respect d’un budget très strict dès le départ, sans sacrifier la qualité, a nécessité beaucoup de recherches et de persévérance. »

Les architectes évoquent aussi des défis techniques « principalement liés aux tolérances de construction de la charpente de toiture de grande portée, en partie préfabriquée en atelier et en partie soudée sur place. Des flèches anormales de montage ont été constatées et il a fallu trouver des solutions de rectification assez lourdes. Le dimensionnement des structures de toiture et de façade, que nous voulions les plus légères possibles, a aussi été délicat au montage. De même, les trop grandes tolérances d’aplomb et de planéité de la sous-structure de façade ont nécessité beaucoup d’ajustements complexes, et demandé pas mal de réflexions sur les détails tout en retardant le planning. »

Toutes ces difficultés ont heureusement été résolues, ce qui permet aujourd’hui au TrinkHall Museum de rayonner et d’étonner pour de très nombreuses années.

Source: Infosteel



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